La Discothèque Idéale
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Ca se passe comme ça / 10-07-2000

 
 Ca se passe comme ça chez Mc Donalds. Décidément, la chaîne de restauration rapide n'a de cesse, le plus souvent involontairement, de faire parler d'elle. Ici, parce qu'un de ses magasins se fait "démonter" par le célèbre José Bové, maintenant pour avoir licencié un jeune homme de 23 ans nommé Rémi Millet.

Moustache naissante, formule facile et regard clair, Rémi millet a déjà quelques atouts pour devenir le gentil héraut face au géant américain Mc Donalds. Géant Américain qui n'est d'ailleurs concerné qu'à tort puisqu'il s'agit pas du tout de la société mais d'un de ces gérants, totalement responsable et indépendant.

Devant les prud'hommes d'Albi, le jeune Rémi réclame 12 mois de salaire pour licenciement abusif. En novembre dernier, "l'équipier " avait été sanctionné pour avoir offert cinq Cheeseburger à une mendiante. "Ces sandwiches correspondaient à mes cinq points repas auxquels j'avais droit à chaque service. Cette femme avait faim. Je n'ai volé personne." Dit Rémi millet.

Le 7 janvier, Pierre Loiret, gérant de Mc Donalds licencie Remi pour : "non-respect du contrat de travail et du règlement intérieur de l'entreprise concernant la politique repas"

Pierre Loiret, le gérant, s'explique : "Il offrait des repas à des personnes qui n'étaient pas des mendiants". Le gérant, lui, retient 34 fautes professionnelles à l'encontre de Rémi.

Le jeune homme est-il victime de conditions de travails suspectes ou a-il commis des fautes graves durant son service ?

Son avocate s'étonne de la procédure de licenciement irrégulière : "Il n'a pas reçu d'entretien préalable. S'il avait été coupable d'erreurs, pourquoi a t-on renouvelé son contrat après sa période d'essai ?"

L'avocate du gérant M. Loiret liste, elle, les erreurs :

"erreurs dans les commandes, incapacité à encaisser les tickets restaurants ou les cartes bancaires et refus d'effectuer certaines tâches."

Martyr, héros ou mauvais salarié ou simple Robin des Bois. 

Rémi Millet est déjà soutenu par José Bové, Mr Gaillot, Albert Jacquart, Léon Schwartzenberg, Bertrand Tavernier et Robert Grédiguian. Remi veut, lui, profiter de cette tribune pour informer les jeunes salariés sur leurs droits et veut même fonder demain "un grand mouvement national européen pour les respects des droits de l'individu dans le monde du travail."

Là, se dit l'homme, le projet est ambitieux et cela ne serait pas une mince affaire..."respect des droits de l'individu dans le monde du travail", cela fait du travail justement. Et cela laisse l'homme rêveur mais, hélas, lucide.

Le conseil des prud'hommes rendra sa décision le 25 octobre prochain.

Laissant la justice faire son travail, l'homme ne peut s'empêcher de penser que d'offrir de la nourriture à des mendiants est fort louable. Et l'homme de sourire au propos de ce gérant du Mc Donalds Pierre Loiret "il offrait même des hamburgers à des personnes qui n'étaient pas des mendiants". Pauvre M. Loiret. Où va t'on, n'est ce pas? Déjà offrir des hamburgers à des mendiants... Mais à des non-mendiants! Et puis ce mot-là: "offrir"

C'est choquant, c'est vulgaire.

Licencié pour charité, si tel est le cas, voici un bien joli motif de licenciement. Laissons les prud'hommes rendre leur verdict.

José Bové a, ces derniers jours, appelé Rémi Millet pour lui donner conseils : "surtout fais gaffe à la récupération politique Rémi."

En attendant la suite de cette affaire, l'homme ne peut s'empêcher d'avoir une pensée et un élan de sympathie pour ce jeune homme.

Pierre Loiret lui s'insurge "contre cette histoire "à la Zola" montée de toutes pièces". Une histoire "à la Zola". Les histoires qu'elles soient de Zola ou de Rémi Millet sont toujours une bonne raison de se lever le matin.

 

 

 

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