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La Discothèque Idéale | ||
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Imaginez qu'un jour, vous ayez eu besoin d'un peu
d'argent pour agrandir votre maison, par exemple, ou refaire les
peintures, enfin qu'importe, vous empruntez donc.
Et le lendemain, la somme que vous devez rembourser est multipliée par trois. En une nuit. Pour pouvoir rembourser cette dette qui vient de se multiplier par trois, vous êtes obligé de réemprunter de nouveau, mais cette fois, les taux d'intérêt sont passés de 6 % à 17 %. Bienvenue dans le surendettement. L'homme connaît cette spirale, et certaines familles ne la connaissent que trop bien, malheureusement. Ce surendettement inexorable, c'est ce à quoi doit faire face le Tiers Monde et sa dette. Une dette qui le fige, et que jamais, il ne sera en mesure de rembourser. Revenons quelques années en arrière avec M. Stigliz, économiste de l'OBM : "A l'époque de la Guerre Froide, les prêts étaient destinés à corrompre les gouvernements. Peu importe où allait l'argent, il fallait stabiliser la région". En 1979, les États-Unis relevèrent leur taux d'intérêt pour maîtriser l'inflation. Le coût de la dette explose, les taux d'intérêt passent de 6 % à 17 % en 1982. Les pays du Sud doivent, du jour au lendemain, rembourser deux ou trois fois plus, juste en intérêt. Pour rembourser leurs dettes, les pays du Sud réempruntent. Les institutions financières internationales, la FMI et La BM accordent de nouveaux crédits, sous réserve que les pays se soumettent à "des plans d'ajustements structurels". C'est-à-dire, en clair, à une libéralisation de l'économie, une ouverture au marché mondial, des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Le président de la CADTM (comité pour la dette du Tiers Monde) explique qu'ainsi : "Il se met en place un système de pompage des richesses produites par les populations du Sud au profit des populations du Nord. Le loyer de l'argent du Sud est payé régulièrement et devient une source d'argent importante pour le Nord. 250 Milliards de $ par an pour l'année passée. 250 milliards de $ remboursé par le Tiers Monde l'année passée, tandis qu'il recevait en aide publique au développement 32 milliards. Est ce ainsi que les états du Nord viennent en aide aux états du Sud ? L'homme connaît déjà la réponse et se demande jusqu'à quand ce grand manége de l'argent va-il continuer. Et que, surtout, il serait peut-être temps de repenser tout cela . De repenser, voir d'annuler tout simplement, tout naturellement cette dette au regard des chiffres. Déjà plus de 20 millions de personnes dans le monde (550 000 en France) ont exigé que la dette des pays les plus pauvres soit annulée. Même M. Wolfensohn, président de la Banque Mondiale s'interroge : " 3 milliards d'individus ont moins de 2 $ par jour pour vivre. Lors du prochain millénaire, continuerons-nous à agir comme aujourd'hui sachant que le problème sera pire dans 20 ans ?" En juin 1999, les représentants des gouvernements des 7 pays les plus riches réunis à Cologne annonçaient une annulation de 90 % de la dette des pays les plus pauvres. Bel effet de manche, mais la réalité est tout autre : le G7, a annoncé un allégement de 65 milliards de $ soit 3 % de la dette totale des pays pauvres. 3 %. Et non 90 % d'une somme qui est aujourd'hui supérieure à 2000 milliards de $. L'homme se dit, qu'une fois de plus, on se paye sa tête, ou plutôt, celle des plus pauvres. "L'argent ne fait pas le bonheur des pauvres, ce qui est la moindre des choses." Il y a des jours où l'on aimerait que Coluche revienne, juste pour nous faire rire de ce qui n'est plus drôle. Drôle d'époque et drôle de monde. Drôle de monde que celui où les plus pauvres versent une rente aux plus riches pour que ces derniers les regardent suffoquer sous le poids de leurs dettes et mourir de faim en direct au journal TV. Le capitalisme n'a jamais eut la réputation d'être extrêmement tendre, ni compatissant, mais il y a peut-être des limites. Peut-être, d'ailleurs, que ces limites sont elles déjà dépassées. Et l'homme se prononcera, lui aussi, en faveur de l'annulation de la dette. Une façon comme une autre de tendre la main à son prochain qui est à terre et qui a faim. Tendre la main, oui c'est juste ça. Tendre la main et l'aider à se lever le matin. |
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