La Discothèque Idéale
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CHASSEURS / 21-11-2000

 
 Bien loin des ces drôles d'énergumènes bipèdes qui s'échinent à truffer de plomb le moindre lapin ou volatile quand il est beaucoup plus agréable de les regarder, Françoise et Michel Franco n'en sont pas moins chasseurs. Mais chasseurs de météorites.

Depuis 1997, deux fois l'an au printemps, et à l'automne, ils partent cinq semaines en Libye à la recherche de ces pierres extraterrestres de couleurs charbonneuses, brûlées par leurs traversées de l'atmosphère à grande vitesse. Des météorites, il en tombe sans cesse et partout sur le globe, alors pourquoi parcourir 6000 à 8000 km à chaque expédition et pourquoi en Libye se demande l'homme peu familier des météorites ? C'est qu'avec ses cailloux blancs, le désert de Libye est un endroit rêvé pour obtenir une lisibilité maximale. "99 % du travail consiste à trouver un terrain lisible, il doit être plat sans alluvion, ni sable" relate le couple. Grâce à des cartes au 1/200 000ème, ils parcourent au ralenti méthodiquement les espaces définis au préalable "en tirant des bords, dos à la lumière du soleil qui est le seul repère".

Drôle de quête, ce couple cherchent à travers ces "larmes du ciel" à mieux comprendre les origines de l'univers. "Derrière chaque caillou, il y a un bout de notre aventure et, sûrement, une explication sur les origines de l'univers".

La première campagne des Franco est un franc succès : ils rapportent trente pierres noires. Obtenir des scientifiques la confirmation qu'elles sont d'authentiques météorites sera une autre paire de manches. Au muséum de Genève, on les regarde comme des hurluberlus et on tente de les convaincre qu'ils ont fait une erreur. Ils persévèrent. Le muséum d'histoire naturelle de Paris très sceptique leur réclame des échantillons pour analyse. Ce sont finalement bien toutes des météorites. Ils rejoignent le cercle des initiés.

Désormais, chacune de leurs découvertes est répertoriée aux États-Unis par la très sérieuse Meteoritical Society.

Nouvelle mode, les météorites sont très en vogue. Elles s'achètent et se vendent dans des bourses aux minéraux. La plus prisée est la pierre de Lune, en provenance de notre satellite. On s'en arrachait récemment pour 1500 francs quelques grains dans le fond d'une éprouvette. Mais ce n'est pas dans les habitudes de ce couple que de céder leurs pierres, même pour des espèces sonnantes et trébuchantes. Ils les gardent pour les léguer à leurs enfants, qui ont appris à les considérer comme de véritables pépites d'or.

Les franco ont aussi mis au point un site Internet pédagogique (www.themeteorites.com). Quant à leur plus belle trouvaille, une météorite de 15 kilos, découverte en 1998, elle se trouve au pavillon Français de l'Exposition Universelle de Hanovre.

Chacun sa quête et chacun son Graal, se dit l'homme. Il aura une pensée pour les Franco, les imaginant dans ce grand désert de Libye à la recherche d'une nouvelle météorite. Et, la prochaine fois qu'il verra une étoile filante en pensant que c'est "une larme du ciel", l'homme trouvera que le ciel est bien beau quand il pleure. Ce qui n'est pas une excuse pour ne pas se lever le matin.

Liens : 

  • www.themeteorites.com

A paraître en février 2001 aux éditions du cherche midi "Chercheurs de météorites".

 

 

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