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La Discothèque Idéale | ||
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"C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très
grande faute d'orthographe, voilà comment j'écris Giraffe". Le
grand Prévert en eut fait une chanson ou un poème, mais Fabrice
Gouillant fait, lui, une drôle de tête.
Ce pâtissier de 41 ans est menacé de licenciement, non pour faute professionnelle, mais pour fautes d'orthographe. "C'était un samedi matin, il y avait plein de commandes. Je devais réaliser cette génoise en forme d'Ostie avec la mention "En souvenir de ma profession de foi", je n'ai pas fais attention, j'étais pressé. Quand je m'en suis rendu compte, j'ai voulu le corriger, mais mon responsable n'était pas d'accord." Trois jours plus tard, il est convoqué chez le directeur du magasin et est mis à pied. Depuis, il attend sa lettre de licenciement à son domicile. Profession de foi ou proffesion de foi, un "f" qui traîne et ce pâtissier marié et père de trois enfants se retrouve chez lui, sans emploi, à tourner en rond, et on le comprend. A Hazebrouck, l'affaire fait grand bruit et c'est très bien ainsi. Certains pensent même que le fait que Fabrice est syndiqué CGT n'est pas un hasard. Une pétition circule avec déjà plus de 500 signatures dont des pâtissiers, et des clients qui ont décidé d'eux-même de boycotter la stupide enseigne Intermarché. La direction demeure, elle, injoignable. L'homme secoue la tête et se dit que le monde quelquefois tourne bizarrement. Si l'on commence à licencier les pâtissiers pour fautes d'orthographe, on pourrait aussi attaquer les écrivains pour livres indigestes, et du même coup, licencier les joueurs de foot pour penalty et Bernard Pivot pour avoir inventé une dictée aussi compliquée. Et quitte à sanctionner les fautes, pourquoi ne pas commencer par licencier les directeurs d'Intermarché pour licenciement particulièrement stupide ?
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