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La Discothèque Idéale | ||
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Beaucoup de bruit pour rien. En hommage à William , tel pourrait être la légende du rallye Paris Dakar. Drôle d'épreuve, dans tous les sens du terme. En 1979, répondant déjà aux controverses, Thierry Sabine, disait "les chiens aboient, la caravane passe". C'était il y a 15 ans, au même moment naissait, en réaction, le pas d'AK (parsi Dakar pas d'accord) où l'on trouvait M. Jacquard, Phillipe Noiret ou Théodore Monot. Pas d'accord ? L'homme, interrogé cette année sur ce non-événement, dit ne pas s'y intéresser à 64 %, dit qu'il s'agit d'une affaire commerciale à 55% et que cela ne permet en rien de découvrir l'Afrique à 55 %. L'homme, même s'il est de la rue, est toujours moins stupide que certains le pensent. Jean Marie Fordeau, secrétaire du CCFD (comité catholique contre la faim et pour le développement) est, lui, encore plus radical. "Faut-il être aveugle pour ne pas voir la provocation que représente ce rallye dont le budget est supérieur à celui du budget annuel de la santé au Mali ?" Le budget ? La nourriture est fournie gratuitement par un restaurateur (sept camions, deux antonovs), uniquement des marchandises qui viennent de France... Coût : entre 6 et 8 millions de francs. Le carburant est fourni par Total (l'un des plus gros budget de l'opération), budget qui retombe aussitôt dans les poches de notre bien aimé pollueur. Jean-Pierre Amelio, directeur de Total Mali, dit avec son franc-parler que "les reproches adressés au Paris Dakar sont le fait de deux ou trois loquedus (élégant non ?) d'ONG qui n'ont jamais mis les pieds en Afrique...C'est du tiers-mondisme de bon aloi." Du tiers-mondisme de bon aloi ? L'homme se pince, même s'il n'a jamais mis les pieds en Afrique. A Balaco, le Paris Dakar est passé il y a trois semaines : "les premiers sont passés à 7 h., les derniers à 14h. Jusqu'au soir, on n'y voyait plus rien…Le petit pont à l'entrée du village est cassé, qui va le réparer? " demande le maire jean-Joseph Couliba. Cette année, les organisateurs ont déboursé entre 25 et 30 millions de francs pour faire un pont aérien annulant les étapes nigériennes, menaces terroristes obligent. 4 jours et 19 rotations des 3 Antonovs pour transporter 1600 personnes, 400 concurrents et 400 motos. Pas de quoi réparer un pont, se dit l'homme dans sa petite tête. Kama, elle, à 11 ans. Ce 8 janvier dernier, à Youri, Mali, elle a été heurtée par un motard de plein fouet. Un motard du Dakar. Rate éclaté, on a été obligé de lui enlever. Elle est devenue silencieuse et craintive. Elle a vu le Dakar passer, elle n'a même pas eu le temps d'aboyer, la caravane est passée. Changement de parcours de dernière minute. L'homme se demande à quoi tout cela rime et, surtout, a qui le crime profite. Sachant que ce n'est ni à lui, ni à la petite Kama, ni au village traversé. L'homme se dit que c'est un monde bien étrange que celui qui laisse aux world company le droit de louer des pays entiers, habitants compris, pour y organiser des rallyes. |
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