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La Discothèque Idéale | ||
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DON /
26-06-2001 | ||
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"Prenez, c'est ma chair" dit un homme parmi
les hommes bien des années avant celui qui vous écrit. Donner, c'est donner nous dit-on dés nos plus jeunes années. C'est aujourd'hui de don que l'homme vous entretiendra. Le don, c'est vaste, si l'on peut écrire ainsi. On donne un sou à celui qui n'en a pas, on donne son âme au diable (qui n'a rien demandé), on donne son avis (souvent à tort et à travers), sa montre à réparer, du fil à retordre ou encore sa langue au chat, et plus rarement sa parole (car on n'en a qu'une). "Donner pour donner, tout donner" nous enseigna ainsi la trop peu reconnue philosophe de la chanson française France Gall, mais le débat ne s'élève pas pour autant. Il y a le fameux "don de soi" dont les ecclésiastiques se vantent et dont se plaignent quelques fois les jeunes enfants. Mais le don de soi est à la portée de chacun. Le ton est léger, mais le sujet est sérieux. Discutant dernièrement avec l'un de ses très proches (c'est un euphémisme) dont la pudeur légendaire fera que l'homme en taira ici l'identité, l'homme fut pénétré par l'une des facettes, plus littérale, plus prosaïque, tout aussi véritable du don de soi : le don d'organe. Ah donner ... mais donner de soi. Un bout, une parcelle, une partie. "Prenez, c'est mon cœur, ne faites pas attention aux larmes". "Prenez, c'est ma tête, excusez le désordre". "Tenez ce sont mes yeux, vous verrez, ils sont excellents, je n'ai jamais eut à m'en plaindre". "Un conseil évitez de toucher aux poumons ou au foie, je crois m'en être déjà trop servi moi-même". Et oui, pourquoi ne pas donner ses organes après tout ? Autant que cela serve. Ne faisons pas ici vibrer les cordes des violons mais les dons d'organe manquent cruellement. L'homme, dans son entourage professionnel, ne peut que constater chaque jour combien certains de ses collègues manquent, qui de cervelle, qui de cœur, plus souvent ce sont les testicules qui viennent à manquer mais on s'égare... L'homme, quitte à donner, préfère donner à un de ses congénères en manque plutôt qu'aux vers de terre qui ont, eux, toujours de quoi se mettre sous les dents. Après tout, sauver une vie une fois que l'on a perdu la sienne est la moindre des choses. Une sorte de politesse de celui qui s'en va à celui qui reste. Et puis, quoi, une fois mort, que faire de tous ces organes bien trop lourds pour que l'âme s'élève ? Donner ou accepter de donner ses organes quand viendra l'heure, (le plus tard possible SVP, nul n'est pressé de croiser la camarde) est une belle et simple action. Donner enfin un peu de soi aux autres, depuis le temps que l'on en parle. Cela ne serait plus reprendre qui serait voler, non. Voler serait alors de ne pas donner. Voler un être humain, un semblable, un des nôtres, lui, vous, moi. Donner à celui où celle qui est dans le plus profond des besoins, voilà qui peut être une bonne raison de se lever le matin. Pour tous renseignements : Établissements Français des greffes Numéro vert : 0 800 20 22 24 |
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