La Discothèque Idéale
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BLAH BLAH / 26-10-2001

 
 On nous cache tout, on nous dit rien. Plus on apprend, plus on ne sait rien. Pas un journal ou un 13h n'a eu encore le courage ou plutôt l'honnêteté de nous le dire : "on ne sait pas, on n'a rien à vous montrer, nous sommes dans le brouillard le plus complet"

Quitte d'ailleurs à en faire un sujet de réflexion. Non au lieu de cela les journaux d'information et tous les titres de presse nous inondent : "montée en puissance des offensives terrestres, débarquement imminent"

Puis le lendemain : "la résistance serait forte plus forte que prévue et bien entraînée"

Et un matin tous de découvrir le C 130, une image que l'on retrouvera toute la semaine dans tous les médias. Sur le bord droit de l'image en vertical, le crédit photo : armée américaine.

L'homme se rappelle avec mélancolie celui qui disait fort justement : " quand on n'en sait aussi peu, on ferme sa gueule". Comme à chaque événement, Coluche manque...

Autre effet du manque total d'information et d'image, la rumeur. La rumeur qui, elle, semble enfler inversement proportionnelle avec la pénurie d'information.

La maison blanche est attaquée, un avion a été descendu par l'US air force, si on regarde bien on voit l'image de Satan dans la fumée des WTC, des enfants avaient averti leurs camarades dés le 9 septembre, on retrouve les événements dans un chapitre de Nostradamus où il avait tout prévu.

Un ami de machin aurait prévenu truc que bidule avait dit que, peut être, cet hiver il y aurait des cas de grippe. Ce qui devient, après déformation, une rumeur en bonne et due forme : "une qui sortait avec un Afghan a reçu, peu après que ce dernier a bizarrement disparu le 6 septembre, une lettre l'avertissant de ne pas prendre l'avion le 11 septembre"

"La tante d'une collègue de travail prend le métro. Dans la rame, elle trouve un portefeuille, l'ouvre pour voir si le ou la propriétaire ne serait pas encore là. Elle aperçoit l'homme à qui le portefeuille appartient et va lui rendre. L'homme,( typé bien sûr) bredouille des remerciements et dit à la tante combien c'est une bonne personne. Avant de descendre de la rame, l'homme dit à la tante " ne prenez pas le métro demain". La tante un peu paniquée va témoigner à la police qui lui montre des photos d'activistes, elle identifie formellement son homme dés la troisième photo".

Cette rumeur fera le tour de Paris en une journée, le lendemain on apprendra qu'elle faisait le tour de Londres à la même vitesse et le même jour.

"C'est courant en temps de guerre et plus généralement en temps émotionnellement fort" souligne Emmanuel Taieb, chercheur au Centre de recherche politique de la Sorbonne . la plupart sont très banales : tentatives d'explication irrationnelles aux attentats, théories du complot ou récits angoissants.

Les mails et Internet en général n'ont fait qu'accentuer ce phénomène lui donnant une vitesse et un impact inégalé devenant un véritable photocopieur à récits et histoire en tout genre d'où le surnom "xéroxlore" (agrégat du nom de fabricant de photocopieur Xerox et de folklore).

Décidément, se dit l'homme, les voies de la rumeur sont impénétrables... Pourquoi ne pas lancer la mienne ?

La voici donc : Un homme, un Afghan comme par hasard, qui était perdu et à qui j'ai donné l'heure, m'aurais chuchoté à l'oreille avant de s'enfuir " Tout va aller bien mieux et tout va s'arranger. De plus, il va faire beau et Noël tombera un 25 décembre"

Voilà, je n'en sais pas plus. En tout cas, ce serait pas mal que cette rumeur soit fondée. Attendons, nous verrons bien si c'est vrai.

Tiens, en voilà une bonne raison de se lever le matin.

Ps : Vu que les jours raccourcissent, que les nouvelles ne sont pas toujours très bonnes, que les filles disparaissent sous d'épais manteaux, l'homme, au risque de passer pour un imbécile, ce qui ne serait pas la première fois, pratiquera un optimisme béat (Je préfère vous prévenir.)

" Que faire alors ?" Question comme beaucoup d'autres sans réponse, et bouffonne, si seulement, au lieu de se lamenter, on avait le cœur d'en rire.

Tels sont les derniers mots du dernier livre de Louis René des Forêts " pas à pas jusqu'au dernier". L'homme ne saurait que trop vous recommander de lire ce livre magnifique d'un immense écrivain qui a eu le mauvais goût de nous quitter. Un livre d'une beauté rare et d'une sagesse infinie, presque inhumaine en ces temps contrariés.

 

 

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