La Discothèque Idéale
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Le jour J

 
 

Après les privées, les happy few, celles de presse, voici les soldes, les vraies, les officielles, celle de M. et Mme tout le monde.

Les soldes dont rien que le nom fait trembler n'importe quelle carte bleue. Comme chaque année, au mois de janvier, le 15 sera le jour du débarquement. Un jour à ne pas mettre son nez ou sa voiture dehors. Un jour de folie, un jour de solde.

Comme tous les événements auxquels personne n'a vraiment assisté, les légendes enflent et prolifèrent : on aurait vu des dames de bonne famille se disputer et s'arracher des morceaux d'étoffes, des caissières auraient perdu la tête, des magasins auraient été dévastés. Une marée humaine sur les grandes avenues, des maris effondrés et des enfants délaissés.

L'homme, par réserve ou par prudence, reste plutôt à l'abri des soldes et ce n'est pas misogynie que d'écrire cela. Ce n'est que déduction. On ne peut pas tout solder en même temps, on risquerait à trop flirter avec les soldes de se retrouver pris au piége du trop célèbre solde de tout compte.

L'homme, comme chaque année, entendra ce lundi les "j'ai fait des folies", les "je n'aurai pas dû mais à ce prix-là..., le fameux " ce n'était même plus des soldes, c'était quasiment donné" et le non moins célèbre " c'est fou ce que l'on peut faire comme économies..."

Devant tant de contradiction, l'homme, sage, reste songeur. Face à ce mélange de justification, de culpabilité de plaisir, l'homme sait que la vraie sentence des soldes ne tombera que le 28 du mois en même temps que le relevé bancaire et qu'il sera bien temps d'en appeler au grand manitou des bonnes affaires : le découvert.

 

 

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