La Discothèque Idéale
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PERDU HÉLICE / 09-12-2000

 
 " On ne change pas le nom d'un bateau déjà baptisé", les superstitions et les règles sont tenaces, même à l'état-major de la Marine Nationale et cela expliquerait les déboires du Charles De Gaulle. En 1986, le futur porte avion nucléaire avait été baptisé Richelieu. En Mai 1987, le Premier ministre de l'époque en avait décidé autrement en indiquant que le nom définitif serait Charles De Gaulle. Bref, tout serait de la faute de jacques Chirac.

L'homme n'arrive pas à croire que tout cela n'est que poisse et malédiction jetée sur le fleuron technologique de la Marine nationale. Revenons un peu en arrière : 

En avril 1989, les premières soudures de la coque commencent à Brest. En mai 1994, c'est la première mise à l'eau du porte-avion. En janvier 1999, ce sont les premiers essais en mer : avaries sur les installations électriques du circuit de refroidissement des réacteurs nucléaires.

(C'est le début des problèmes et l'homme, amusé, en avait déjà parlé).

Mars 1999, essais à grandes vitesses : trop fortes vibrations sur la barre. Juillet 1999, catapultage et décollage d'avions. On s'aperçoit que la piste est trop courte pour l'appontage des avions Hawkeye. Décision de rallonger de 4,40 mètres le pont d'envol. Novembre 2000 : Perte d'une hélice. 

L'homme préfèrera en rire comme ne doivent pas s'en empêcher les poissons devant une telle réussite technologique.

Rire faute de pouvoir faire autre chose:  la plaisanterie a quand même un coût et il est de taille:  20 milliards de francs + 60 milliards correspondant au programme des avions et hélicoptères embraqués + 4,40 mètres de piste d'envol à 14 000 francs le centimètre. Cela fait cher la blague.

Perdre une hélice pour un bateau, il y a de quoi perdre la face. Pourtant, à trois reprise, des ingénieurs de la direction de la construction navale (DCN) ont signalé une "structure défaillante" avant de conclure à "la non-conformité au regard du cahier des charges". Comme c'est la règle, quand le sous-traitant a livré l'hélice, l'arsenal d'Indret, a effectué des tests, des radiographies pour voir "à l'intérieur de la matière", les rapports transmis à la DCN font état des "anomalies" et présence de" bulles".

L'affaire du Charles De Gaulle ayant pris 13 années de retard, aurait-on voulu faire l'économie d'un nouveau retard dans l'achèvement du programme ?

L'homme reste songeur. 13 ans et 40 000 tonnes d'acier et d'alliage divers plus tard, le Charles De Gaulle n'est toujours pas opérationnel.

La blague ne s'arrête pas là. Autre exemple : les machines à laver le linge de l'équipage (1770 personnes) avaient été scellées les unes aux autres. En position essorage, l'ensemble des tambours lancés à pleines vitesses produisait des secousses "intolérables" dans toutes la structure du bateau. Il a fallu "désolidariser " les machines.

Et cela ne s'arrête pas au bateau lui-même. Le Rafale, avion prévu pour équiper le porte-avion, n'est toujours pas opérationnel. Le prototype a volé pour la première fois en juillet 1986. 14 ans plus tard, sur les 137 ans rafales annoncés, seuls cinq d'entre eux volent. La première escadrille de 10 rafales à bord du Charles De Gaulle prévue fin 2000 ne sera complète que vers 2002, au plus tôt.

La France à l'instar des États-Unis a donc, elle aussi, un avion fantôme, le Rafale et mieux encore un porte-avion indécelable au radar, le Charles De Gaulle. Aujourd'hui, le Charles De Gaulle est en rade. De Toulon pour être précis.

Tout cela n'empêchera pas à l'homme de se lever le matin en attendant d'autres nouvelles plus fraîches de notre fleuron de la Marine Nationale.

 

 

 

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