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La Discothèque Idéale | ||
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Parmi les sujets qui fâchent lors des réunions de
famille, il y avait à une certaine époque l’affaire Dreyfus. Plus
récemment, on a eu la dissolution de notre Jacko président et maintenant
le dopage dans le tour de France.
Mais un grand classique du genre reste le thème de la meilleure chanteuse de jazz. Commençons par les minorités (silencieuses ?) avec les adorateurs de Sarah Vaughan qui allie la puissance, la technique et le style. En général, ils craquent les premiers car ils sont aussi adorateurs d’une des deux stars du genre. Ensuite viennent les fanatiques de Billie Holiday (et non pas billie hollyday comme nombreux sont encore à l'écrire) . Défendant la position du " feeling " avant la technique, ils assurent que même à la fin de sa vie, alors que la belle ne possédait plus la qualité de la voix qui l’avait rendue célèbre, elle restait encore plus émouvante que n’importe quelle Nina Simone venue (ce avec quoi on ne pouvait qu’être d’accord). Mais les vainqueurs de ce type de joutes oratoires étaient toujours les partisans de la reine du Jazz, j’ai nommé : Ella Fitzgerald. La plus grande voix du jazz (à deux exceptions près que j’ai nommées plus haut) possédait la particularité d’être une personnalité très calme, ne se droguant pas, ne buvant pas et ne menant pas la vie dissolue de l’ensemble des musiciens de la grande époque. Ce qui prouve qu’une vie dissolue ou la consommation de drogue n’aide pas particulièrement à avoir plus de feeling (autre sujet classique lors de réunions de famille). Et pourtant, elle possédait une inventivité et une technique hors du commun qui lui ont permis de jouer avec les plus grands et d’être reconnue parmi ce milieu. Sa capacité de scat (qui sera démontrée sur ce disque dans une prise historique), c’est à dire d’improvisations vocales a entre autres participé à sa renommée. L’enregistrement qui nous concerne est l’un des plus célèbres de
la dame et couvre un concert donné en 1960 à Berlin (d’ou le
titre !), accompagnée entre autres par Jim Hall Et l’on trouvera effectivement ici de l’or en barres à savoir des grands classiques transformés par la voix magique d’Ella. Citons pêle-mêle " Our Love Is Here To Stay ", tout en douceur, un magique " Misty ", ou un hilarant " Lady Is A Tramp ". Et puis, il y a les chef-d’œuvres comme un rêveur " The Man I Love ", un funky " Love For Sale ", le fabuleux " Summertime " avec les premiers traits d’un Jim Hall en devenir, le mythique " Mack The Knife " où Ella improvise totalement, ayant complètement oublié les paroles d’un couplet, et enfin le classique " How High The Moon ? ". Une grande démonstration de ce que doit être une grande chanteuse de jazz : un mélange détonnant de technique mais surtout de feeling. ![]() ![]()
Ella Fitzgerald, "Ella In Berlin", 1960, Verve. |
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