![]() | ![]() | |
![]() | ||
La Discothèque Idéale | ||
![]() | ||
![]() | ||
| ||
LE monument du Jazz. Comment l’aborder
autrement ? Il s’agit du disque que j’ai le plus écouté et qui
m’a permis d’aborder ce style de musique (avec le morceau " My
Favorite Things " de Coltrane dont j’accrédite Joe
Manito de la découverte – ou plutôt de la transmission vu que
mon père l’avait découvert avant (en import US avant tout le monde, s’il
vous plait !)-, et dont je ne saurais jamais trop l’en remercier
-. Et il s’agit du disque que je recommande à toute personne
souhaitant aborder le Jazz. Avec des résultats toujours positifs même
sur les personnes hermétiques au genre….
Bref, le disque phare d’un genre au point de le phagocyter et d’en dégoûter certains puristes. Mais qu’importe les pisses froids ! Ecoutons la splendeur d’une rencontre improbable débouchant sur un chef-d’œuvre : que résonnent les premiers accords de " Kind Of Blue ". Resituons d’abord : Miles Davis sort d’une période faste et cherche à reconstituer un groupe phare autour d’un nouveau style de jazz dont il pressent les prémisses : le jazz modal. Le super groupe se constitue après plusieurs péripéties ainsi : Miles Davis (leader et trompette), Julian ‘Cannonball’ Adderley (saxophone alto), John Coltrane (tenor saxophone), Bill Evans (piano), Paul Chambers (basse) et James Cobb (batterie) (et Winton Kelly au piano pour un titre). Pour quiconque un peu familier au jazz, il s’agit du groupe ultime, un rêve de musicien. Pour les autres, il suffira de savoir qu’il s’agit là de la crème de l’époque, chacun dans son style particulier. On appréciera en particulier le choc des poids lourd du sax entre Cannonball, très rond, très funky et la puissance et l'inventivité de Coltrane, déjà en train de larguer les amarres... Il faut être inconscient pour parler d’un disque pareil. C’est pourquoi nous n’aborderons aucun morceau de l’album réservant ainsi la découverte du disque aux néophytes qui, on l’espère y trouveront de quoi alimenter leurs nuits blanches. Un sens de l’espace et de la dynamique inconnu jusqu’alors allié à une grande qualité mélodique de chacun des solistes vous accompagnera tout au long de la première écoute – et bien au delà ! -. On signalera que la légende veut que l’album ait été enregistré en une seule prise (démentie par les rééditions qui nous offrent une alternate take d’au moins un morceau (" Flamenco Sketches "). Qu’en est-il des autres ? Qu’importe ! Cette variation autour des trois accords bleus ne doit rien perdre de sa magie et alimenter encore nos conversations et nos nuits illuminées par quelques notes en toutes liberté…. Allons, à vos cartes bleues… Il s’agit là DU disque ultime de jazz à posséder absolument. Vous me remercierez après….
Miles Davis, "Kind Of Blue", 1959, Columbia. |
![]() |
|