![]() | ![]() | |
![]() | ||
La Discothèque Idéale | ||
![]() | ||
![]() | ||
|
||
Zappa est le cauchemar d'un chroniqueur. Comment résumer un personnage pareil dont on a du mal à faire le tour en un bouquin (y en a un en français qui est vraiment très bien mais je me souviens pas de l'auteur : Appel à témoin …). En plus d'être un guitariste incroyable (voir " Shut Up & Play Your Guitar ") et un compositeur d'une extraordinaire diversité (tous les styles sont abordés du Doo-Woop à la musique concrète. Zappa est d'ailleurs un grand admirateur de Boulez), ce mec se permet de pondre des textes totalement délirants (total non-sense) et parfois férocement critiques envers la société de consommation américaine.
'Défoncez-vous !' me paraît être un titre un peu difficile à passer pour l'époque… Outre le fait d'être le premier double album de l'histoire du rock (ex-aequo avec " Blonde On Blonde " de Dylan), il s'agit à la fois d'une satyre du doo-woop (dont Zappa est un fervent passionné) et d'un album de défonce hallucinant. Chaque chanson est une perle de cœurs dégoulinants de sucrerie et de chœurs angéliques susurrant des paroles franchement cochonnes ou délirantes ('Wowie Zowie, t'es si mignonne, j'en ai rien à foutre si tu t'épiles les jambes / j'en ai rien à foutre si tu te laves les dents'). On trouvera quand même des guitares énervées (" Motherly Love ") et un blues devenu depuis un classique de Zappa (" Trouble Every Day "). Mais surtout, on aura droit à 20 minutes de trip total dont 8 minutes de refrain délirant (" Help, I'm A rock " : 'au secours, je me suis transformé en pierre') et 12 minutes de chanson salace (" The return Of The Son of Monster Magnet " avec de vrais morceaux de filles en train de jouir dedans). Tout ça nous fait un joyeux bordel franchement recommandable pour rentrer dans l'univers du Frankos Barros !
Un superbe achat que cette réédition : on a en effet entre les mains deux albums réunis en un seul CD ! Tout d'abord " Apostrophe' " est un concept album narrant les aventures de Nanouk ( ! ! !) l'esquimau ( ! ! !). On y apprend entre autre qu'il ne faut pas 'manger la neige jaune, là où les chiens huskies vont…'. La fin de l'album nous narrera (tant qu'on chope le verbe narrer, faut pas le lâcher) l'histoire de " Stink Foot ", c'est à dire de Fido, un chien qui doit ramener les charentaises de son maître dont les pieds possèdent la fascinante capacité d'exhaler des émanations quelques peu embarrassantes. Enfin, vous voyez que l'on reste dans l'univers du Frankie… La présence de quelques musiciens d'exception (Jim Gordon, Ansley Dunbar, Jack Bruce, George Duke, Jean-Luc Ponty) nous permettra en plus d'écouter des solos monumentaux (" Cosmik Debris ", " Excentrifugal forz ", " Apostrophe ", " Uncle Remus "). Le deuxième album est plus 'classique', s'il on veut. Les histoires typiquement zappaiennes et franchement incompréhensibles pour qui ne connaît pas l'argot américain ne gênent en rien le plaisir que l'on prend à écouter ces chansons. Nous avons droit à quelques pièces superbes dont " I'm The Slime', terrible riff sur le lavage de cerveau opéré par la TV, " Dinah-Moe-Hum ", l'histoire de deux sœurs insatiables dont l'une ne peut accéder au plaisir charnel qu'en… Pardon, ce n'est pas le sujet de ce site… N'oublions toutefois pas la dernière chanson où Zappa veut émigrer dans l'état du Montana (U.S.A.) afin de faire un élevage de… Fil dentaire ! Bien, je me demande dans quelle mesure ce genre de détail peut vous donner envie d'écouter le disque…
Double album réuni en un seul CD (il est vraiment généreux ce Zappa !), ce disque est franchement délirant. Mais pour Frank, c'est un peu normal. Première chanson : 'j'ai été en toi et tu as été en moi'… Non, il n'est pas du tout obsédé… Il trouve tout de même le temps de nous faire une hilarante imitation de Bob Dylan (" Flakes "), une belle parodie des Ramones (" I'm So Cute ") ainsi qu'un pastiche du disco (Kolossale fureur à l'époque !) avec " Dancin' Fool' ". Comme toujours, des collages musicaux totalement surréalistes relient les morceaux les uns avec les autres (" What Ever Happened To All The Fun IN The World ", " Wait A Minute "). Cet album est en effet un mélange (comme aimait les faire le Frankie) de prises live et de prises studio pour arriver à des résultats franchement extraordinaires (" Rubber Shirt " entre autres où une basse et une batterie 'dialoguent' entre eux alors qu'il s'agit de morceaux totalement différents, réalisés avec un an et demi de décalage, chacun des deux instruments n'ayant jamais entendu l'autre jouer… La même technique a été utilisée pour le solo de guitare de " Yo' Mama "). Les textes sont toujours aussi féroces (" Bobby Brown Goes Down ") tandis que les solos de guitare deviennent de plus en plus 'space' avec des gammes peu usitées (" Rat tomago ", " The Sheik Yerbouti Tango ", " Yo' Mama "). A noter la participation de Adrian Belew à la guitare et de Terry Bozzio à la batterie.
|
![]() |
|