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  La Discothèque Idéale
 

JJ CALEJJ CALE : "Live"Live.

 
 

L'homme s'approcha d'un pas lent de son mobile-home  parqué comme il l'avait toujours été le long de cette route que personne ne prenait, dans un coin paumé de Californie... Il portait comme toujours sa vieille casquette usée qui le protégeait du soleil et du regard des autres. 

Il n'allait pas pouvoir y échapper : selon le contrat qui le liait à sa maison de disques, il devait sortir prochainement un nouvel album. Et cette pensée l'agaçait légèrement : il avait beau avoir réussi à se dégager d'un système vicié qu'il ne connaissait que trop bien, il devait encore payer le prix de sa tranquillité...

Calfeutré à l'abri de la chaleur au sein de la caravane, le rocking chair l'attendait, sa guitare acoustique dans une main et une bière dans l'autre. 

Au bout d'une heure infructueuse, l'homme dut se rendre à l'évidence : l'inspiration n'était pas au rendez-vous. Au contraire, seules de vieilles chansons s'échappaient naturellement de ses doigts et revenaient en boucle : des rengaines ou des plans qui en avaient rendus célèbres d'autres ("Cocaine", "After Midnight") et lui avaient apporté de confortables royalties. 

"Bien. On repart sur la route" se dit l'homme en son fort intérieur. Il décrocha son téléphone et composa le numéro de son imprésario qu'il dut chercher au fond d'un tiroir.

Voici donc, comme on se plait à l'imaginer, la genèse de la tournée qui réussit l'exploit de nous amener cette légende vivante jusqu'à Paris (et nous permit - émerveillés - de le voir en concert) et qui fait l'objet du présent album. Si les dates retenues sur ce "Live" sont 100 % américaines, elles resteront un témoignage de la magie à laquelle nous avons assistée, tant le bonhomme semble authentique et sincère. Qu'il soit chez lui ou en terre étrangère...

Si l'on a déja tout dit sur lui ("le roi du Laid-Back" qui a influencé Eric Clapton et Mark Knopfler), on ne parle peut-etre pas assez de ses compositions splendiques et intimistes qui se posent en standards du genre. On pourra ainsi se faire emporter par la magique d'un chant salace et susurré et d'une guitare magique sur les superbes compositions que sont "Sensitive Kind" et surtout le bouleversant "Magnolia" (non, pas de rapport avec le film est sa magnifique bande originale. Une sorte de bonheur à l'état pur, bien mieux qu'un Xanax assaisonné d'un pétard.

On ne manquera donc pas d'écouter cet album partout où celà sera possible :  au volant d'un truck sur les routes de la Californie, en traversant les bayous de New Orleans, dans un bar de Tucson. A défaut, il parviendra parfaitement le matin sur le périph' parisien à vous faire apprécier le soleil qui revient... 

L'été (re)commence, la preuve : JJ Cale est de retour... 

A écouter :

JJ Cale, "Live", 2001, EMD.

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