| Le dernier Beck, c'est
toujours avec une grande angoisse qu'on attend de le poser sur sa platine
(enfin ce que vous utilisez pour transmettre des bruits enregistrés jusqu'à
vos oreilles, vous me comprenez. Si vous écoutez des MP3, ça me regarde
pas. Bande de pirates !). J'ai toujours peur
d'être déçu, c'est incroyable à quel point on ne peut pas supporter de
la part des grands la moindre trace de début de laissez-aller.
Comme d'hab', la première écoute permet juste de se dire qu'on a rien
compris au film et qu'on est incapable de porter le moindre jugement (si
ce n'est qu'on est pas trahi, déjà à moitié rassuré) et puis on a bien
repéré quelques chansons dont le refrain nous accroche. La seconde écoute permet alors de dégager les individualités des chansons
de la somme de l'album et ça y est, on sait qu'il a encore gagné. Malgré tout le mess médiatique autour de lui, il reste fidèle à son petit
chemin. Il a même trouvé le moyen de dire que c'était un album commercial…
Ben oui, quand Beck fait pas commercial, ça donne " One Foot in the Grave
", un album de blues-folk hallucinant et surtout avec un son digne d'un
lecteur de K7 qui aurait survécu au siège de la secte WACO. On peut tout de même
remarquer que cet album est à forte dominance acoustique avec de la country
(" Canceled Check "), des ballades (" We Live Again "), du blues (" Bottle
of Blues "). Beck, c'est vraiment la Samaritaine, on trouve de tout. Il
s'est manifestement concentré sur le songwriting cette fois mais rassurez-vous,
on retrouve des collages de chansons complètement délirants (une sorte
de samba trip-hop " Tropicalia ", le meilleur titre de l'album). Peut-être son album
le plus abouti, avec des mélodies entêtantes. Manquerait plus que le sale
gosse se mette à mûrir… A
écouter : 
- Difficile à dire…
Ses chansons sont tellement personnelles… A la limite, il faudrait chercher
du coté du vieux blues et de
la country. Mais on peut parler de son ex-poto de " Forest for the trees
" qui lui a franchement pété un câble…
- Son
dernier : pas aussi bien que celui là mais voir le petit
se mettre au funk, ça vaut le détour...
Beck, " Mutations",
1998, Geffen. |
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