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La Discothèque Idéale | ||
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On devrait écrire un roman ou un film avec Beck, ce mec vit une sorte d'odyssée dans le monde de la musique. C'est vrai, après avoir visité le blues, le folk, le folk-blues (bon, d'accord, c'était histoire de rigoler un peu), le mélange blues-trip-hop, le trip-hop bossa-nova (cf l'excellent Tropicalia sur Mutations) et une bonne partie du reste, voilà qu'il décide de nous persuader qu'en fait il voudrait être noir (désolé pour l'emprunt) et qu'il n'a écouté que des disques de la Motown… Heureusement, on nous la fait pas à nous et on sait parfaitement pas que sous ces rythmiques lascives et lancinantes se cache le Beck que l'on connaît. Bon, on va quand même y aller droit au but : contrairement à ce que tout le monde nous a raconté (vous pouvez vérifier, tout les journaux ont fait leur couverture dessus et ont encensé l'album), ce n'est pas son meilleur (je conseillerais plutôt Odelay - plus commercial - ou le superbe Mutations pour toucher l'essence du Monsieur)… C'est du bon Beck mais ce n'est pas du grand Beck.Mais du bon Beck, c'est quand même supérieur à 95 % de la production musicale mondiale… Donc c'est à vous de voir… Allez, on attaque. " Sex Laws ", le single imparable. Les cuivres sont mortels et la chanson est parfaite en single. 'I'm a Full Grown Man But I'm Not Afraid To Cry' : 'Je suis un adulte tout ce qu'il y a de mature mais je n'ai pas peur de pleurer'. Heureusement qu'il y a la pedal-steel qui pleure avec toi (bon de la pedal-steel sur un morceau de Funk, faut pas s'inquiéter, tout est normal) ! La dessus, le banjo essaie de faire un solo mais c'est déjà le shunt final. Woow, ça commence fort… Les samples sont de sortie, ça vous étonne ? Chez Beck, un Johnny Wessmuller à la petite semaine n'hésite pas à intervenir dans les refrains (" Nicotine & Gravy ") tandis que les claps des choristes l'accompagne. C'est quoi ce bordel ? C'est pas le synthé arabisant qui va calmer le jeu…. En tout cas, c'est clair que ça bouge… " Mixed Bizness " et son refrain 'She Can Really Do Me' (non, je vous traduirais pas mais c'est pas propre tout ça…). En tout cas, ça fait 'crier toutes les lesbiennes' ! Ca doit être terrible… La guitare funky est dans la place… Oh là… Avec " Get Real Paid ", on a droit à un mélange de Kraftwerk (pour les synthés des années soixante dix) et de funk (pour les cœurs). Ca va être difficile, cette critique…. Pour compliquer l'affaire, " Hollywood Freaks ", en total hip-hop ('Say What ?') achève son entreprise de destruction de tous repères… Ah si !! Ca je connais ! Bon la guitare en intro est… Spéciale. Mais je suis sur que le refrain est du Prince de la grande époque : " Peaches And Cream ". Bon, je sais pas ce que veut exactement la guitare mais c'est sûrement pour votre bien… Tiens, une chanson à la Beck… Bizarre, il nous cache quelque chose… Pourtant, ce " Broken Train " est du Hansen pur jus… Mélange d'harmonica blues et de… Quoi au juste ? Heu… Ben, du reste… Idem Ibid Ibidem pour " Milk And Honey " qui paraîtrait presque 'normal'… Heureusement que le clavier fait un motif de " Rapper's Delight " pour rappeler à tout le monde que maintenant, Beck est Black ! Mince, alors là, c'est encore du Beckos pur jus avec son intro limite country et son refrain en pedal-steel : " Beautiful Way ". Une des grande chansons du Monsieur, digne de figurer sur " Mutations ". Tout pareil pour " Preassure Zone ". Je comprend plus là… Ben ou il est le funk ? Ah, ben le voilà… Pour terminer l'album, on a droit au superbe " Debra ", avec sa guitare Hendrixienne en diable (le Hendrix qui sort la wah-wah mais pas la distorsion :celui des ballades !), des cuivres en sortie discrète et un chant incroyable, à la limite entre Prince et Sly & The Family Stone. Beck est un chanteur soul ! Pourquoi personne me l'avait dit avant ? Quelle pochette affreuse quand même… Qui l'a conseillé là dessus ? C'est pas parce qu'il a un masque que le fait de sortir son éclair turgescent lui sera pardonné… Et c'est quoi ces couleurs ? Sans déconner, il se croit tout permis lui, maintenant… Au final, le Beck nous fait un résumé de l'histoire de la musique dite Pop au sens large (incluant l'ensemble des courants musicaux 'populaires' depuis les années soixante et c'est vraiment pas triste). Je ne connais que lui pour réussir un mélange aussi étrange (le terme américain de 'Stew' me paraît tout à fait convenir : mélange complètement disparate ayant longuement mijoté…). Après sa période 'je vais me suicider et je vous emmerde' ('I'm a Loser Babe, Why Don't You kill Me ?' un peu potache quand même…), il nous la joue lascif et sexy en diable… Au moins, on ne s'ennuie pas… Bref, c'est n'importe quoi et c'est terrible… Beck, on en parlera encore dans dix ans et ça devrait vous suffire..
Beck, "Midnight Vultures", 1999, Geffen Records. |
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