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La Discothèque Idéale | ||
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La dernière fois que l'on avait croisé la route
de notre ami Jay Jay, il était immobilisé dans les glaces de son second
album mais ça n'avait pas l'air de le gêner. Au contraire, on
sentait bien qu'il se plaisait à continuer sur la lancée de son
premier, l'excellent " Whiskey " qui nous avait à l'époque
permis d'assumer à plein notre coté romantique tout en offrant une
alternative au spleen anglais de Portishead. C'est pourquoi nous l'avons laissé alors, empêtré dans un style devenu quelque peu 'redite', tout en espérant (mais n'y croyant plus trop) qu'on le reverrait un jour dans des lieux moins touristiques. Bernard Lenoir nous permit de renouer connaissance, en nous apportant une nouvelle de taille : le nouveau single du suédois avait des guitares ! ! ! ! Des GUITARES ? Bon, relaxez-vous, ces guitares ne sont présentes que sur un seul titre (" Keep It A Secret ") et ne servent qu'à nous rappeler à l'ordre et nous punir de l'avoir délaissé depuis quelques temps. La nouvelle cuvée est toujours assez minimaliste dans les arrangements (toujours aussi beaux) mais aussi, grande nouveauté, dans le chant. Moins démonstratif et souvent poignant, Jay Jay tient à mettre ses chansons au premier plan. Sobriété, quand tu nous tient. Les paroles tournent toujours autour des relations hommes/femmes habituelles et on ne retrouve plus le cynisme du premier album (cf le sublissime " So Tell The Girls I'm Back In Town " du premier album). Au contraire, les paroles semblent de plus en plus axées autour de la souffrance (" Poison ", " Humiliation ", " Suffering ") : " Nobody Suffers Like Like I Do ". L'amour n'est plus ce jeu futile et dérisoire mais au contraire un champ de bataille impitoyable dont Jay n'est pas sorti indemne. Heureusement, l'album se clôt avec avec un superbement romantique " Whispering Words ", déclaration d'amour à sa belle, et une reprise très convaincante du " Neon Lights " de Kraftwerk (en bonus track), poussant le vice jusqu'à faire jouer par des instruments acoustiques les parties de synthé de la version originale. Jay Jay Johanson trace toujours le même sillon en labourant de plus en plus profond, imprégnant la terre de semences vénéneuses et inquiétantes (" Time Is Running Out " et " Poison "). Son style fait d'un chant précis et 'droit' (qui me rappelle un peu Johnny Hartmann, un crooner de jazz qui pose sa voix un peu de la même façon) arrive peu à peu à maturité, tout en gagnant en intensité. On notera d'ailleurs les arrangements de plus en plus hitchcockien et précis (conférer la pochette, allusion directe aux différents films du maître anglais). Son album le plus abouti malgré quelques titres peut-être moins indispensable. Destiné aux quelques romantiques qui restent parmi nous.
Jay Jay Johanson, "Poison", 2000, SWE. |
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